Image_3Voilà un petit roman sorti pour de la rentrée littéraire et qui se laisse lire facilement tant l'acriture poétique et le charme des personnages tout à fait attachants nous renvoient à d'autres lectures : celles de Maupassant, de Seignolle ou plus récemment de Claudie Gallay. Accabadora désigne un personnage qui appartient au floklore populaire de la Sardaigne... Il est difficile d'expliquer ce rôle sans révéler un des fils conducteurs du roman. Je préfère laisser le lecteur le découvrir par lui-même.

"Dans un petit village sarde des années cinquante, la vieille couturière, Tzia Bonaria, décide d'accueillir chez elle Maria, quatrième fille d’une veuve d’humbles origines. Ce sera sa « fille d’âme », à laquelle elle va apprendre son métier, offrir un avenir, tout en l’obligeant à s’appliquer à l’école, ce qui n'est guère courant pour une fille à l'époque. Maria grandit donc entourée de soins et de tendresse; mais certains aspects de la vie de la couturière la troublent, en particulier ses mystérieuses absences nocturnes. En réalité, Maria est la seule du village à ignorer la fonction de Tzia Bonaria..." Quand Maria va découvrir le secret de Tzia Bonaria, elle va le vivre comme un bouleversement qu'elle sera incapable de gérer immédiatement. Mais le recul et les événements l'amèneront à rajuster son jugement. Comme le lui avait pourtant dit Tzia : "Ne dis pas : fontaine, je ne boirai pas de ton eau."

Michela Murgia livre une histoire très originale sur la relation qui s'est établie entre Tzia, veuve qui n'a jamais porté d'enfant, et la jeune Maria, fille non désirée par sa mère naturelle et qui devient la "fille d'âme" de Tzia. Le décor est essentiel dans cette histoire sombre puisque qu'il s'agit d'une Sardaigne un peu atemporelle, qui semble vivre au gré des us et des coutumes fascinants de son histoire comme la nuit du 1° novemebre pendant laquelle la tradition veut que les portes des maisons restent ouvertes afin d'accueillir les âmes qui se promènent ! Le récit est assez léger et aborde pourtant un sujet douloureux et contreversé : abréger les souffrances de celui ou celle qui se meurt. Tout est dit avec finesse et le livre pose les bonnes questions. Sans que ce soit un véritable coup de coeur, voilà un petit roman très agréable à lire.