murakami

 " Depuis le mois de juillet de sa deuxième année d'université jusqu'au mois de janvier de l'année suivante, Tsukuru Tazaki vécut en pensant presque exclusivement à la mort. À Nagoya, ils étaient cinq amis inséparables. L'un, Akamatsu, était surnommé Rouge ; Ômi était Bleu ; Shirane était Blanche et Kurono, Noire. Tsukuru Tazaki, lui, était sans couleur. Tsukuru est parti à Tokyo pour ses études ; les autres sont restés. Un jour, ils lui ont signifié qu'ils ne voulaient plus jamais le voir. Sans aucune explication. Lui-même n'en a pas cherché. Pendant seize ans, Tsukuru a vécu comme Jonas dans le ventre de la baleine, comme un mort qui n'aurait pas encore compris qu'il était mort. Il est devenu architecte, il dessine des gares. Et puis Sara est entrée dans sa vie. Tsukuru l'intrigue mais elle le sent hors d'atteinte, comme séparé du monde par une frontière invisible. Vivre sans amour n'est pas vivre. Alors, Tsukuru Tazaki va entamer son pèlerinage. À Nagoya. Et en Finlande. Pour confronter le passé et tenter de comprendre ce qui a brisé le cercle."

Voilà une première lecture 2015 coup de coeur. Les articles dans les divers journaux ont attiré mon attention sur le dernier roman de Murakami, auteur que j'apprécie mais dont je n'ai pas lu toute l'oeuvre non plus( il faudra bien que je m'attaque à la trilogie 1Q84...). J'ai retrouvé cette  manière si fluide de mêler la réalité et le rêve que j'avais déjà aimé dans Kafka sur le rivage. Dans L'Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pélerinage - titre étonnant auquel nous a habitués Murakami - on est confronté à un récit résolument optimiste : le héros cherche à sortir de son isolement dans lequel il s'set plongé depuis un traumatisme lié à son groupe d'amis. Une rencontre lui fait comprendre  la nécessité de regarder vers le passé afin depouvoir mieux vivre son présent. C'est un beau récit et une belle leçon de vie aussi. Ce roman se lit très facilement - contrairement peut-être à certains titres de l'auteur -  et même s'il n'est pas un thriller, on tourne les pages avec avidité tant on a envie d'une part que le héros se ressaisisse et vive ce qu'il a à vivre, d'autre part pour connaîte l'origine de l'exclusion violente dont il a été victime quinze ans auparavant. Je le conseille vivement.